Expulsés :Quelles nouvelles de Marc, Cynthia, Pathy ?

Bonjour,
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D’abord, quelles nouvelles de Marc, Cynthia, Pathy ?

-          - Si vous voulez contacter vous-même Marc ou Pathy, vous pouvez nous le faire savoir et nous vous communiquerons les numéros où les joindre.

-          - Marc nous a appelés de Kinshasa où il a été « recueilli » pas une association. Il s’ennuyait beaucoup, n’ayant rien à faire, et ne parlait que de comment revenir et reprendre son lycée.

-         - Pathy nous a appelés le soir (pour nous) de son arrivée à Luanda. Après la journée passée au poste de police de l’aéroport, un membre d’une association pour les droits humains de la jeunesse africaine l’a retrouvé et « recueilli » lui aussi. Pathy était entièrement sous le choc de son expulsion brutale. Ila tenté de résister à l’embarquement à Charles de Gaulle, mais attaché comme un animal et empêché de parler avec une espèce de bâillon sur la bouche, il n’a pas réussi à convaincre le commandant de bord. Il a perdu tout son argent dans la mêlée. La police à Luanda a confirmé que le laissez-passer n’était pas valable pour elle, mais n’a pas pris les mesures pour organiser son retour en France, d’autant que les flics français étaient repartis au plus vite pour Lisbonne.

-          - Cynthia ne nous a pas appelés directement. Après qu’elle ait fait savoir ses craintes d’aller en prison, elle a fait savoir qu’elle était à la rue. Depuis, elle a vraisemblablement été elle-aussi recueillie par une association. Pathy va sûrement tenter de la retrouver. Nous avons les plus grandes craintes pour Cynthia, vu son état de santé psychique. Rappelons que le psychiatre de la prison de Corbas avait signalé au CRA, avec une attestation en bonne et due forme,  son état de stress post-traumatique du à son parcours migratoire et ses difficultés administratives, en même temps que le risque de suicide qu’elle présentait. Et c’est cette jeune de 17 ans et demi que Monsieur de Préfet du Rhône n’a pas hésité à faire jeter sur les trottoirs de Luanda !

Et maintenant ?

-          - La répression contre les jeunes migrants s’est déjà considérablement accentuée au cours des dernières  années avec les condamnations de mineurs isolés ou jeunes majeurs que nous connaissons à Lyon. Il faut s’attendre à pire.

-          -  Beaucoup de nouveaux jeunes sont en train d’être  attaqués à cause de l’utilisation du fichier Visabio au moment où ils font leurs démarches pour leur  régularisation : jeunes à qui le récépissé n’est pas délivré au moment de la demande, qui reçoivent en conséquence des OQTF et/ou peuvent être convoqués à la PAF; jeunes qui ont un récépissé et pour qui la régularisation est ensuite stoppée au moment des renouvellements avec convocations PAF à la clé ; jeunes qui commencent leur demande d’asile comme pour Cynthia et Pathy. Plusieurs de ces jeunes ainsi mis sous pression sont connus de notre collectif: Abdoulaye, Thierno, Jean-Baptiste, pour qui le risque de condamnation et d’expulsion est en train de se dessiner alors qu’ils ont des parcours scolaires et d’intégration absolument parfaits. Jérémie, élève du lycée Camille Claudel,  est déjà en prison en attendant son jugement le 24 décembre.

-         - Pour toutes et toutes, les jeunes comme les adultes d’ailleurs, les moyens d’échapper à l’expulsion en cas de mise en rétention se réduisent énormément avec l’utilisation des laissez-passer européens que le gouvernement paraît vouloir généraliser.

-          - RESF met en place une campagne de protestation par voie de cartes postales à envoyer à Jérémie et aux autorités. Mais bien sûr, il en faudra beaucoup plus pour arrêter la politique féroce que le gouvernement Hollande-Valls-Cazeneuve, met en place contre les migrants, sachant que ce sont tous les gouvernements européens qui durcissent leurs politiques migratoires dans le sens de toujours plus de tri et de rejet.

 

Dans cette situation très difficile pour le collectif jeunes majeurs, nous tenons à remercier toutes celles et tous ceux d’entre vous qui nous ont manifesté très concrètement leur soutien ces derniers jours : en allant très régulièrement au CRA où ils ont noué des relations importantes avec Marc, Cynthia, Pathy, à qui ils ont entre autres permis  de ne pas partir sans un sou en poche ou sans un vêtement d’avance; en répondant présents à nos appels dans les tribunaux ; en diffusant les informations dans leurs propres réseaux qui ont relayé notre indignation ; en nous envoyant tout simplement les messages chaleureux dont nous avions besoin pour tenir le coup…

 Michèle pour le Collectif Jeunes Majeurs RESF.