Comuniqué de Presse - RomEurope - 18 juin - Condamnés pour délit de fraternité et de solidarité

« Liberté, égalité, fraternité », ce message inscrit aux frontons de nos institutions républicaines, est depuis sa création, une affirmation forte adressée à toutes les personnes qui vivent ou transitent dans notre pays.

Malheureusement s’il était la synthèse de nos valeurs républicaines, il est aujourd’hui continuellement mis à mal par un pouvoir qui dérive chaque jour un peu plus, et une Justice qui lui est trop souvent asservie.

Depuis plusieurs années, et par différents gouvernements, est conduite en France une politique d’exclusion et de stigmatisation vis-à-vis de nos concitoyens européens d’origine Roumaine ou Bulgare, et généralement qualifiés de « Roms ». Elle se traduit par la destruction systématique, à chaque expulsion, de tous les processus d’insertion, de soins, de scolarisation…, engagés par ces familles. Fort heureusement, des citoyens se mobilisent contre cette politique raciste. En aidant ces populations à faire respecter leurs droits, ils militent de fait pour le respect des droits de l’homme, et les valeurs fondatrices de notre république et de notre démocratie.

On pourrait dans ces conditions supposer que l'intérêt de la Justice soit de soutenir ces militants, dès lors qu’ils sont mis à mal pour ce qu’ils défendent, par des pouvoirs locaux quels qu’ils soient.

Et bien non. C’est ce qui s’est passé vendredi 12 juin au TGI de Meaux (77) qui condamne lourdement 2 militants d’un collectif de soutien aux Roms. Ceci parce qu’ils auraient, lors d’une expulsion, dont la légalité reste contestable, tenté de mettre des familles à l’abri du froid et des intempéries ce 27 janvier dernier sur la commune de Noisiel.

La température était à 2°, de nombreuses personnes étaient honteusement jetées à la rue, avec des nouveaux nés, des bébés, des personnes âgées, malades, handicapées…

Leur démarche s’avérait dès lors inévitable car les auteurs de l'expulsion n’avaient rien prévu, contrairement aux dispositions en la matière, et aux discours du premier ministre, pour protéger ces familles, que l'on expulse au motif qu’ils courent des risques sur les terrains qu'ils occupent… Il aura fallu attendre 18 heures le soir, pour que la préfecture prenne la même décision que ces militants, en ayant elle le pouvoir de réquisitionner un gymnase, contre l’avis du maire de la commune.

+Malgré l'absence totale d'éléments à charge hormis les dires de certains policiers-victimes, des contradictions évidentes, le revirement d'une partie civile à l'audience, et la brillante démonstration de l’avocate de ces deux militants, la juge a décidé qu’ils devaient tout de même être condamnés. Nous ne pouvons donc y voir in fine, que la mise en œuvre du délit de solidarité et de fraternité.

C’est une honte pour notre pays, c’est une honte pour cette Justice censée garantir notre Etat de droit. Les militants concernés ont donc décidé de faire appel de cette décision incompréhensible. Les organisations signataires appellent donc à la mobilisation de toutes les forces démocratiques du pays, pour faire annuler cette décision, et garantir le droit à la solidarité et à la fraternité.