19 juin 2015 - Réfugiés, migrants, déplacés, de qui parle-t-on ?

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Il vient juste de débarquer à Augusta, en Italie, le 17 juin 2015.REUTERS/Antonio Parrinello

Jamais ils n’ont été si nombreux affirme le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). L’agence de l'ONU parle d'un niveau record pour 2014, avec 60 millions de personnes déplacées et réfugiées. Une situation dramatique devant laquelle le HCR se déclare de plus en plus dépassé. A la veille de la Journée mondiale des réfugiés du 20 juin, RFI bouscule ses programmes, avec interviews et reportages sur ce « drame » des migrants.

« Il y a une accélération saisissante » du nombre de personnes forcées à fuir, constate leHaut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies.  Selon son dernier bilan établi pour 2014, on dénombre 59, 5 millions de déracinés contre 51,2 millions pour l’année précédente et 37,5 millions il y a à peine une décennie. 

Impuissance. Une inflation telle « que nous ne sommes plus capables de ramasser les morceaux » déplore Antonio Guterres le patron du HCR qui insiste sur l’impuissance des agences humanitaires.  « Nous n’avons pas les capacités, les ressources pour toutes les victimes des conflits » et loin de s’améliorer, cette déficience devrait encore s’accentuer puisque « nous attendons un pic du nombre de déplacés et de réfugiés pour la fin de l’année » ajoute M. Guterres.
 
Migrants, déplacés, réfugiés, ces mots qualifient les populations qui fuient la guerre, la pauvreté et de plus en plus, une terre qui ne les nourrit plus, conséquence du changement climatique. Ces déplacements forcés recouvrent de nombreuses situations très différentes et selon leur cause, ces 60 millions de personnes concernées verront leur cas examiné avec bienveillance ou défiance.
 
Réfugiés. « C’est une réalité mouvante », écrit la Fondation Robert Schuman. Des premiers dissidents du bloc soviétique au demandeur d’asile actuel, fuyant son pays pour trouver un travail et manger à sa faim, il y a en effet un monde. Le statut de réfugié est défini par la convention de Genève de 1951 qui a été signée par 147 pays.
 
En signant ce texte, les Etats reconnaissent le droit d’une personne à être protégée par un autre Etat que le sien lorsqu’elle craint avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques.
 
Cela peut aller de l’opposant politique au militant des droits de l’homme dans des pays à régime autoritaire, à une appartenance religieuse (Rohingyas, chrétiens…) ou à un groupe social pourchassé…
 
Déplacés. On parle de déplacés quand il s’agit de personnes obligées de quitter leur lieu d’origine tout en demeurant dans leur pays. Le déplacement peut avoir pour origine un conflit armé, la violation des droits de l’homme, une catastrophe naturelle ou écologique.
 
Actuellement, la Syrie est le pays qui compte le plus de déplacés avec 7,6 millions d’habitants qui ont dû, forcés par la guerre, changer leur lieu d’habitation sur le territoire syrien.
 
Venant toujours de Syrie, on dénombre également 3,88 millions de réfugiés. Selon le dernier rapport du HCR la Syrie détient l’affligeant record du nombre le plus élevé de déplacements de population jamais enregistré dans le monde.
 
Migrants. En 2014, rappelle le HCR, plus de 219 000 réfugiés et migrants ont franchi la Méditerranée au péril de leur vie. Quelque 3 500 hommes, femmes et enfants n’ont jamais atteint l’autre rive… Rien ne distingue a priori un réfugié d’un migrant : fuyant un conflit, des persécutions et cherchant du travail, tous les deux sont en quête d’une autre vie.
 
Pourtant, les autorités du pays où il posera le pied, si tout se passe bien, chercheront à distinguer celui qui ressort du statut de l’asile de celui qui souhaite gagner sa vie, donc qui relève de l’immigration économique. Pour ce dernier, la reconduite à la frontière est le plus souvent requise alors que l’autre bénéficiera peut-être du statut de réfugié au terme d’un parcours long et difficile, tant les deux situations s’entremêlent.
 
Dans les faits, relève la Fondation Robert Schuman, ces migrations se caractérisent aujourd’hui par « l’effacement des distinctions entre les catégories de migrants ». Un point sur lequel vient buter l’Europe dont les pays membres ne sont pas près de trouver une politique commune sur le sujet. Signe de cette méfiance, le vif échange du week-end dernier entre la France et l'Italie qui se sont renvoyé la balle sur le sort des dizaines de migrants massés à Vintimille, à la frontière franco-italienne.