Pour que la Métropole de Lyon s’empare de la question de l’hébergement

 

 

 

La loi Dufflot du 18 janvier 2013 soumet 29 communes de notre agglomération à l’obligation de disposer de 25 % de logements sociaux sur leur territoire d’ici 2025. Il faut noter que parmi ces 29 communes, 6 comptent moins de 10 % de logements sociaux dans leur parc de résidences principales. Un gap important… Si nous acceptons la poursuite du principe de mutualisation des objectifs en fonction des capacités résidentielles des villes, nous voudrions en savoir plus sur les négociations qui ont présidé à la répartition des objectifs entre ces 29 communes pour la période 2014-2016.

Une autre de nos questions porte sur les objectifs en matière de typologie de logements locatifs sociaux, à savoir la répartition entre PLAI, PLUS et PLS. Pour sa part, le GRAM souhaite une construction plus importante de PLAI et moins importante de PLS car la réalité de la situation économique des ménages demandeurs de logement fait que les PLS leur sont inaccessibles.

Si l’on peut saluer cette année encore l’effort du Grand Lyon et de son vice-président Olivier Brachet en matière de construction de logement social, il convient de rester particulièrement vigilant sur le devenir du montant des aides à la pierre. Et au-delà, il est nécessaire de bien avoir en tête aussi qu’une politique d’habitat ne repose pas que sur l’effort de construction de logement locatif social. Elle repose sur une maîtrise du foncier que notre agglomération a tardé à mettre en place laissant filer les prix des terrains, des loyers et des mètres carré à l’achat. Il est selon nous indispensable que la Métropole de Lyon se dote d’un établissement public du foncier.

D’autre part, nous réaffirmons notre souhait que la Métropole de Lyon se porte candidate au dispositif d’encadrement des loyers privés tel que la loi Dufflot le permet ; un vœu déjà présenté par le groupe EE-LV ici-même et que le Gram avait voté. Tant que nous ne corrigerons pas le marché par une volonté politique forte, nous ne ferons que courir après lui pour tenter d’en corriger les effets, mais sans jamais parvenir à un résultat satisfaisant. 

Nous estimons aussi qu’il convient de soutenir l’innovation en matière de production de logements. C’est pourquoi le Gram souhaite que notre métropole accroisse son soutien au secteur de l’économie sociale et solidaire et développe des projets d’habitat coopératif.

Enfin, nous considérons qu’une politique d’habitat doit agir depuis l’amont jusqu’à l’aval, et je redis ici notre souhait que la Métropole de Lyon s’empare de la question de l’hébergement.

2.300 personnes, soit un peu plus de 1.000 ménages, sont restés sans réponse de la part du 115 ces deux dernières semaines dans notre agglomération, avec près de 200 enfants scolarisés dans nos écoles et dormant dehors après leurs journées de classe.

Le vicaire Bruno-Marie Duffé a écrit à chacun d’entre nous pour nous sensibiliser à cette situation, nous dire son inquiétude et nous rappeler à  nos responsabilités d’hommes et de femmes politiquement engagés et élus. 

Monsieur le Président du Grand Lyon, comme moi vous avez signé en janvier 2014 la charte de la Fondation Abbé Pierre lors de la cérémonie des Vœux des Mal-Logés. En signant cette charte, vous comme moi avons pris l’engagement de proposer un hébergement à chacun de nos concitoyens.

Monsieur le Président, parce que j’en ai pris l’engagement, je suis d’accord pour que les bâtiments vides du collège Truffaut accueillent un centre d’hébergement hivernal pour les familles dont les enfants sont scolarisés et je vous demande, puisque la Métropole devient propriétaire de ces locaux, de les mettre à disposition du Préfet du Rhône et de Région. Cela sera une contribution à l’effort nécessaire pour protéger de la rue et du froid un certain nombre de familles.

Je vous remercie.

Nathalie Perrin-Gilbert

 

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