Jamais sans Toit - Médiapart 10 déc. 2014

En France, les SDF sont souvent des gosses, parfois même des nourrissons …



Les chiffres sont accablants. 2,5 millions enfants vivent sans domicile fixe aux États-Unis, première économie mondiale ! Ils sont 30.000 en France (Insee, juillet 2013) et plus de 600.000 souffrent de mal-logement, précise Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, qui s’inquiète de l’explosion du nombre d’enfants “dans la rue” ces dernières années.

Où vivent ces enfants ? Sur des terrains vagues, dans des logements très précaires, insalubres, dans des voitures, dans des hôtels meublés ou des centres d’hébergement et de réinsertion sociale. Le collectif les Morts de la Rue a comptabilisé les décès de sans domicile fixe en 2013. Au moins 454 personnes sans domicile fixe sont décédées en France en 2013, dont 15 enfants de moins de 15 ans. Pour elles, la mort survient souvent tôt et elle est plus violente.

Accoler les termes « enfants » et « SDF », que l’on ne s’attend pas d’ordinaire à voir rapprochés, dit toute la profondeur du malheur que vivent certains enfants, et son caractère inacceptable, alertait la Fondation Abbé Pierre dans son rapport 2010.

 


Pendant ce temps-là, le 115 est toujours saturé….



Depuis le jour de l’anniversaire de la convention des droits de l’enfant (20 novembre) — qui garantit, comme la constitution française, un logement et un accès à l’éducation pour tous les enfants —, neuf écoles réunies dans le collectif "Jamais sans Toit" sont occupées pour loger des enfants scolarisés et leur famille sans domicile. Constat amer trois semaines plus tard : quelques familles seront relogées, avant le 15 décembre, dans des mobile-homes à Charbonnières et Rillieux. Une solution d’urgence ! ".

Reçu à deux reprises par les services de la préfecture, "Jamais sans Toit" regrette de ne pas «  avoir obtenu de solutions satisfaisantes  ». Le discours de la préfecture du Rhône semble osciller entre négation du problème (« la plupart de ces enfants ne dorment pas dehors » : effectivement, ils dorment dans une voiture ou abrités sous une bâche !) et culpabilisation (« si nous logeons ces familles relativement favorisées puisqu’elles arrivent à scolariser leurs enfants, ce sera au détriment de cas bien plus graves »). Quant aux réquisitions, elle évoque "les réticences des riverains concernés ainsi que la mairie de Lyon" .

Alors que 6 écoles de l’agglomération lyonnaise sont toujours occupées depuis près de trois semaines, "Jamais sans Toit" poursuit son action,en organisant, ce mercredi 10 décembre à 18h30, un rassemblement / campement devant la préfecture du Rhône, afin « d’alerter une nouvelle fois les autorités sur l’urgence de la situation ». Action symbolique, elle sera suivie par les membres des comités de soutien, mais sans les familles concernées.


Certains lieux publics sont aujourd’hui chauffés et vides.
Pourquoi ce que le maire de Paris a accepté est refusé par le maire de Lyon ?

Franck du Zèbre



* 6 écoles sont toujours occupées pour loger les familles en difficulté dont Jean-Giono (Lyon 8e), Gilbert-Dru (7e), Victor-Hugo (1er) et Paul-Painlevé (3e). Ce week-end, le gymnase de l’école Michel-Servet (1er) a également rouvert ses portes.

* Des élus du Gram, Écologistes et Front de gauche apportent leur soutien. Ils entendent rappeler aux maires de l’agglomération « le respect des lois et règlements et des engagements internationaux notamment de l’ensemble des droits fondamentaux prévus par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ratifiée par la France en 1989 »

 

Date de dernière mise à jour : 16/12/2014