Communiqué de la CUM - 18 avril 2015

COORDINATION URGENCE MIGRANTS

COMMUNIQUE DE PRESSE SAMEDI 18 AVRIL 15 h

A l’attention des medias écrits, radios et télévisuels

 

            Depuis le mardi 14 Avril, la Coordination Urgence Migrants (regroupant une dizaine d’Associations et Mouvements de Solidarité, confessionnelles et non confessionnels) a pris en charge l’hébergement de première urgence de 150 personnes (albanaises, serbes, kossovars et roms) expulsées, le jour même par la police,  du squat qu’elles occupaient dans le 7 ème arrondissement de Lyon.

Grâce à une chaîne de solidarité de militants et d’acteurs de l’Eglise catholique, coordonnée par le P. Bruno-Marie Duffé, Vicaire épiscopal à la solidarité, avec le soutien et la présence de l’Archevêque de Lyon, Mgr Philippe Barbarin, ces personnes ont été hébergées à l’Abri du Pèlerin de la Basilique Notre Dame de Fourvière, puis dans le gymnase d’une Ecole Catholique ? Un nouveau lieu-relais devrait être aménagé à partir de ce lundi 20 Avril.

La mise en œuvre d’un programme d’expulsion policière systématique des lieux où les demandeurs d’asile et familles en exil (européennes et non-europénnes) n’est assortie à ce jour d’aucune mesure publique d’accompagnement sanitaire et social. Les pouvoirs publics se trouvent donc en contradiction avec la loi en vigueur et, en particulier avec la circulaire interministérielle d’Août 2013 prévoyant la sauvegarde des droits fondamentaux de ces personnes et de leurs enfants (hébergement d’urgence, scolarité pour les enfants qui se retrouvent donc à la rue).

            Les acteurs associatifs et les Eglises (catholique et protestante), main dans la main, pallient ce déni de droit et cette absence de politique sociale, nationale et européenne, pourtant réclamée par beaucoup depuis de longs mois. Le seul traitement d’une question d’ores-et-déjà cruciale en France et en Europe est la création d’une grave crise humanitaire dans laquelle nous sommes entrés à Lyon depuis dix jours.

            La grandeur d’un pays est dans sa considération des personnes les plus fragiles. La honte d’un pays est dans son refus délibéré de considérer les plus pauvres dans leurs besoins fondamentaux et dans leurs droits. La  ligne de fracture, radicalisée par les expulsions actuelles est désormais vive. Au nom de quoi pouvons-nous ainsi justifier d’exclure de notre communauté humaine ceux qui nous demandent de les aider à vivre ?

 

Père Bruno-Marie DUFFE, prêtre catholique, membre de la Coordination Urgence Migrants 

Communique de presse cum 18 avril15