Préfecture et mairie de Lyon : hébergement, cynisme et inhumanité - Rebellyon 24/02/17

Retour sur ces dernières semaines : ouverture / fermeture de gymnases et politique d’hostilité vis-à-vis des enfants sans logement

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Communiqué du collectif Jamais Sans Toit.

Retour sur ces dernières semaines : ouverture / fermeture de gymnases et politique d’hostilité vis-à-vis des enfants sans logement qui ont le tort d’avoir des parents qui ne sont pas en situation régulière.

Le collectif Jamais Sans Toit dénonce la situation des familles sans logement depuis le mois d’octobre. La préfecture a ouvert le gymnase Louis Chanfray dans le 2ème arrondissement le mardi 3 janvier, puis a hésité à ouvrir le gymnase Clemenceau jugeant que les 40 places libérées ce jour-là suffiraient à accueillir les sans abris qui en feraient la demande.
Alors que ce même week-end c’est au moins 260 personnes qui ont accédé au 115 sans avoir de solution !

Il faudra finalement attendre le 16 janvier pour que le Préfet décide d’ouvrir 200 places supplémentaires : une salle de sport à Oullins, une autre dans le 2ème et enfin le gymnase Clemenceau dans le 7e.

Ces ouvertures n’ont néanmoins pas été suffisantes pour mettre à l’abri tous les enfants scolarisés que le collectif a recensés : 40 enfants soit 25 familles ne se sont pas vues proposer de solution. Et dès que les températures ont remonté, à partir du 30 janvier ces gymnases ont progressivement été fermés et les familles ont retrouvé la rue, alors que pourtant il est difficilement concevable que des enfants, notamment en bas âge, passent leurs nuits dehors alors qu’il fait 0°C. Cela ne semble pas émouvoir ni la mairie de Lyon, ni la préfecture En effet, nous rappelons que Gérard Collomb, en tant que maire de Lyon et président de Lyon Métropole, est propriétaire de centaines de logements vides.

Le collectif Jamais Sans Toit et les familles sans logement sont donc confrontés à des autorités dont le seul but est de rendre les conditions de vie d’enfants scolarisés terriblement compliquées. Cela au mépris de la loi française (l’article 345-2-2 du Code de l’Action sociale et des familles, qui a force de loi et stipule : « Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence.. »), et ce, uniquement car leurs parents ont le tort de ne pas être en situation régulière. La préfecture ne cesse de vouloir faire croire que ces familles, notamment les familles albanaises, sont liées à la mafia. Le collectif Jamais Sans Toit dénonce cette volonté de criminalisation des autorités. Le collectif répond que des enfants de 3 ans à 15 ans n’ont rien à voir avec la mafia, et que la loi française, tout comme la convention des Droits de l’enfant que la France a signée devrait les protéger, et que les autorités devraient leur permettre de suivre beaucoup plus sereinement leur scolarité.

Le collectif Jamais Sans Toit dénonce également l’attitude de la ville de Lyon et de la mairie de Lyon 3e ; des familles hébergées dans des gymnases se sont réinstallées dans le parc Jugan (non loin de la gare Part-Dieu). Trois jours plus tard, elles ont été chassées par la police sous prétexte que les pelouses du parc devaient être restaurées, pouvant laisser croire que les familles installées ici en novembre et décembre pouvaient être responsables de la dégradation des pelouses. Or ceci est faux, car les familles étaient sous les pins où il n’y a pas de pelouse. La police leur a clairement fait comprendre qu’elles pouvaient s’installer plus loin ce qui signifie que M. Philip et/ou M. Collomb souhaitent simplement que la misère ne soit pas trop visible dans leur ville ! Le collectif rappelle qu’en janvier, les services municipaux ont déjà jetés 15m3 d’affaires appartenant aux familles, dont des jouets d’enfants !

Le collectif Jamais Sans Toit dénonce aussi le cynisme dont sont l’objet les personnes. Certaines se sont vu proposer un hébergement à la sortie des gymnases : on leur indiquait par exemple oralement un hébergement dans un hôtel de la Croix-Rousse ou à 20 minutes. Une fois sortie du gymnase, quand on leur lisait ce qui était écrit sur un bout de papier, l’hôtel de proximité était en fait le Campanile à Chasse-sur-Rhône (à 25 km de Lyon et sans aucun moyen financier pour y aller). Pour une autre famille, il était mentionné sur un papier "Chatillon OVE 22, rue Patel 69009 04 72 54 09 80" laissant croire un hébergement sur Lyon 9ème. En fait il s’agissait bien d’un hébergement à Chatillon d’Azergues (à 25 km de Lyon) et non dans Lyon 9e. En plus de cette tromperie inacceptable et intolérable, avec cette distance, les enfants ne pourront plus continuer leur scolarisation sur Lyon.

Le collectif Jamais Sans Toit salue la mobilisation qui se poursuit sur des nombreuses écoles (Berthelot et G.Dru dans le 7ème), que ce soit par des goûters solidaires ou autres, elle salue en particulier la mobilisation de l’école Charles Perrault et Anatole France à Vénissieux, ainsi que l’école Jean Moulin à Vénissieux qui a fait plier la préfecture en obtenant un hébergement pour l’une des deux familles. Le collectif Jamais Sans Toit tient également à saluer les familles, qui aidées par le MRAP, ont assigné la préfecture au tribunal administratif pour répondre de cette gestion au thermomètre qui est contraire aux déclarations de la ministre du logement. Par cette procédure, des familles se sont ainsi vu proposer des solutions par la préfecture.

 

Rebellyon20170224 hebergement d urgence cet hiver le communique de presse de jstRebellyon20170224 hebergement d urgence cet hiver le communique de presse de jst