« Nous disons bienvenue à tous les migrants. Nous, on ne les trie pas » - Le Progrès Ain - 6/1/16 & 10/09/15

Le collectif Solidarité Migrants 01 dénonce « la violence et le mépris » vécus par des demandeurs d’asile SDF dans la ville à l’heure où des accueils supplémentaires sont annoncés pour des réfugiés d’

 « On appelle à une énième manifestation vendredi soir pour les droits des demandeurs d’asile. Sur notre banderole, ce sera écrit “Bienvenue à tous les migrants”. On souhaite être nombreux. » En conférence de presse mercredi matin, des militants du collectif Solidarité Migrants de Bourg tenaient à rappeler que les droits de la demande d’asile sont applicables à tous les demandeurs. « La maison où des gens s’abritaient vient d’être murée par la ville » « Il y a des personnes qui sont là, en procédure depuis des mois ou des années et qui ne sont mêmes pas logées, disent Rémi Garraud et Bernadette Perraud. Quand les gens trouvent un endroit de fortune, même un bout de parking, elles sont délogées par la police. Même la maison qui appartient à la Ville près de la Tannerie, où les gens se sont abrités quelques jours, vient d’être murée par la mairie alors que le lieu est tout à fait utilisable ». À l’heure où des capacités d’accueil supplémentaires sont annoncées et où la municipalité burgienne annonce sa participation - les modalités ne seront connues que samedi - le collectif dénonce « la violence et le mépris » qui persistent pour certains migrants. « Attention au « deux poids deux mesures ». C’est très bien pour les chrétiens d’Irak s’ils sont accueillis et tant mieux si cela déclenche une prise de conscience, mais nous, on ne trie pas les musulmans, les chrétiens, les Albanais, les Kosovars, les autres. On ne leur demande pas non plus leur métier », dit Rémi Garraud. « Trier les gens, c’est un grand danger. Ce qui est commun, c’est l’humanité », insiste Bernadette Perraud. Soutenant depuis des années, des hommes, femmes et enfants exilés, ces militants s’inquiètent. « Les places vont augmenter pour les nouveaux arrivants au détriment de ceux qui sont en cours de demande. Les Albanais et les Kosovars vont payer la note », dit Daniel Guichard. « Si on accueille 24 000 personnes et qu’on en vire 24 000 autres, où est le progrès moral ? » Une vingtaine de personnes se trouveraient aujourd’hui en situation précaire à Bourg et une quinzaine de familles seraient sur le point d’être sorties de leur hébergement. « Et quand on nous dit pourquoi vous ne les prenez pas chez vous, justement, on accueille des familles chez nous, assurent des bénévoles. Mais ce n’est pas la solution. Le côté humain se règle avec le droit et les outils existent : c’est la Convention de Genève et la Déclaration des droits de l’Homme ». Solidarité Migrants de Bourg a rappelé qu’il défend « la liberté de circulation et d’installation pour tous » et plaide pour le rétablissement du droit au travail.

FABIENNE PYTHON