Communiqué LDH - Expulsion Herbouville - 12 avril 2015

La Ligue des Droits de l’Homme du Rhône a pu lire dans le journal Le Progrès du  samedi 11 avril : « Le campement du quai d’Herbouville a été rasé ce vendredi  matin . » .

              Depuis bientôt un an, des familles de Roms roumains , suite à de multiples expulsions , étaient venues avec une  ingéniosité et une débrouillardise qui font défaut  à la plupart d’entre nous, construire  un véritable bidonville constitué de cabanes munies pour certaines de porte, de fenêtre .

              Làs, vendredi, les 6 fourgons de police sont venus, accompagnés d’un bulldozer pour raser les cabanes et enlever le matériel minimum de confort, nécessaire à la survie, qui avait été rassemblé !

              Les familles n’ont pu emporter que ce qu’elles pouvaient entasser dans des caddies, sous l’œil vigilant de policiers munis de pistolets mitrailleurs ….Or l’article 18 de la « Charte pour le respect des droits et la dignité des occupants de terrain » stipule : « Nul ne doit subir la destruction ou la rétention de ses biens et de ses effets personnels . »

              En procédant à cette évacuation très radicale, les forces de police accompagnées d’un huissier et d’un interprète, se sont bornées à contrôler l’identité des personnes, alors que : « Aucune évacuation ne doit avoir lieu sans un réel examen de la situation de chaque personne au regard de sa situation familiale, de son état de santé, de la scolarisation, de l’emploi et du logement . »Article 13 de la Charte élaborée en 2014, reprenant ainsi  des obligations de la Circulaire d’août 2012, qui n’a jamais été respectée dans le Rhône . 

              L’article du quotidien précise : « La période hivernale étant achevée, aucun relogement n’a été programmé . » Or, l’article 14 précise : « Aucune expulsion ou évacuation ne peut avoir lieu sans proposition préalable d’une solution d’hébergement ou de relogement digne, stable et adaptée aux besoins des personnes . »   

               Les enfants de ce bidonville étaient scolarisés dans les écoles Michel Servet et Victor Hugo de l’arrondissement . Ce départ ne va pas faciliter la poursuite de leur scolarité ….Alors que l’article 17 de la « Charte » implique : « Aucune expulsion ou évacuation ne doit compromettre la continuité de la scolarité des enfants, et entrainer une rupture dans l’accompagnement sanitaire des personnes . » Que va-t-il se passer pour la future maman , enceinte de huit mois, contrainte à se déplacer sans possibilité de repos ?

              Les propos de Mme Sylvia Pinel assurant le 24 mars, en prélude à la fin du « plan Froid » :  « Toutes les familles se verront proposer des solutions d’hébergement ou de logement »  ne sont que de belles intentions vu la radicalité de cette dernière expulsion . La France étant encore en principe un Etat de droit, pour quelles raisons ses représentants locaux ne se sentent-ils jamais dans l’obligation d’exécuter scrupuleusement les lois qu’ils sont censés appliquer et respecter ?

              La Ligue des droits de l’Homme, en lien avec les associations intervenant dans les domaines de la précarité, du logement, de l’hébergement, toutes signataires de la « Charte pour le respect des droits et de la  dignité des occupants de terrain », est profondément indignée de la façon dont cette nouvelle expulsion a été conduite, qui , loin de régler les problèmes posés, ne fait que les exacerber .

 

Ldh fede 12 avril 2015